Contre les maladies héréditaires, des embryons génétiquement modifiés

Publié le 29 août 2017 par Laëtitia

Des chercheurs ont travaillé sur 58 embryons porteurs d’une maladie cardiaque et ont réussi à corriger l’ADN de 42 d’entre eux. Concrètement, le fait de remplacer le mauvais gène par le bon diminuerait considérablement les risques de contracter un problème d’origine héréditaire par la suite. Ce processus offre de nouveaux espoirs dans la lutte contre différents troubles, mais reste encore lié à de grandes questions, d’ordre scientifique mais aussi d’ordre éthique.

 

 

L’enjeu de l’hérédité sur la transmission de maladies

La modification de l’ADN au service du combat contre les maladies pourrait intéresser de nombreuses personnes, lorsque l’on sait que 10 000 maladies génétiques ont déjà été identifiées, à l’image du cancer du sein, considéré comme « lourdement héréditaire » (directement lié aux gènes BRCA1 ou BRCA2).

Comme dans le cas d’une fécondation in vitro, les scientifiques ont provoqué la rencontre entre un ovocyte féminin et un spermatozoïde masculin. Mais l’embryon n’a pas grandi pendant 8 semaines avant d’être implanté dans un utérus féminin : l’œuf s’est juste développé pendant 3 jours pour atteindre le stade morula.

Pour leur expérience, les scientifiques ont sélectionné des spermatozoïdes porteurs d’un gène défectueux, à l’origine d’une malformation cardiaque dont les conséquences varient du handicap à la mort subite. Même si l’ovocyte est sain, le fait d’implanter un spermatozoïde défectueux implique de transmettre la maladie à l’embryon.

 

Modifier l’ADN pour remédier aux maladies héréditaires

Au cours de leurs essais, les scientifiques ont injecté un « ciseau » génétique, baptisé le Crisp-Cas 9. Celui-ci avait été programmé pour se diriger vers le chromosome 10, celui sur lequel on peut trouver le fameux gène défectueux qui déclenche la malformation cardiaque. Le processus permettant de sélectionner le bon « ciseau » et de l’envoyer vers le bon chromosome est très complexe : des chercheurs chinois avaient déjà tenté cette prouesse, en vain.

Mais grâce à des progrès significatifs, un nouvel essai sur des embryons humains a été réalisé à Portland, pour les résultats annoncés plus haut : une correction réussie sur 42 éléments, alors que 58 avaient été testés, ce qui est plutôt encourageant. La chirurgie des gènes n’en est qu’à ses débuts : on sait que son potentiel est grand, mais on ne sait pas concrètement jusqu’où aller, et comment y parvenir.

 

Des limites éthiques infranchissables ?

La modification de l’ADN d’un embryon permettrait, dès lors qu’elle est bien maîtrisée, de supprimer les risques de contracter toutes les maladies dans lesquelles l’hérédité entre en jeu. En revanche, d’autres modifications plus controversées seraient également possibles, avec la liberté de « faire des bébés à la carte ». En effet, avec un pouvoir sur l’ADN, on accède à la liberté de choisir la couleur des cheveux, la taille ou encore la couleur des yeux et de la peau.

Naturellement, devant cette nouvelle possibilité, des scientifiques — et notamment des Français — ont tiré la sonnette d’alarme. Ils sont totalement favorables à un usage médical de ce savoir mais pointent du doigt les dérives possibles. Il ne faudrait surtout pas sombrer dans une trop importante sophistication des soins — il est primordial de conserver les ciseaux génétiques uniquement pour la correction de défauts génétiques mortels.

 

Source : http://sante.lefigaro.fr/article/des-embryons-humains-genetiquement-corriges

 


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