Des applications santé remboursées par la Sécurité sociale : une première pour les patients diabétiques

Publié le 28 novembre 2017 par Patricia

Le développement des applications mobiles peut-il impliquer des conséquences sur la pratique de la médecine ? La Haute Autorité de Santé (HAS) se montre favorable au remboursement par l’Assurance Maladie d’une application santé nommée Diabeo : il s’agit d’une première dans l’univers du numérique et, à l’avenir, d’autres programmes pourraient être concernés.

 

application santé remboursée par la sécu

 

Diabeo remboursé par l’Assurance Maladie : pour qui et pour quand ?

Ce n’est pas encore fait, mais l’application Diabeo devrait très bientôt être prise en charge par la Sécurité Sociale, sous conditions de résultats de l’étude Telesage. Cette dernière a été lancée en 2015 avec 700 patients diabétiques, dans l’optique de savoir si cette application santé est réellement utile.

Concrètement, ce programme est un dispositif médical de classe IIb, disponible uniquement sur prescription. À l’origine de cet outil, on trouve Voluntis, une entreprise française qui, pour l’occasion, a collaboré avec le Centre d’études et de recherches pour l’intensification du traitement du diabète et le laboratoire Sanofi-Aventis.

Sur le plan purement pratique, cette application est couplée à un lecteur de glycémie. Elle permet de surveiller le taux de sucre dans le sang. Le patient dispose également d’une interface simple pour ajuster ses doses d’insulines. En temps direct, les soignants reçoivent les mesures de glycémie, et des alertes sont émises au-delà d’un certain seuil. Les rendez-vous sont programmés plus facilement, aux moments où le diabétique en a le plus besoin.

Pour qu’elle puisse être utilisée, l’État réclame une régulation des données recueillies par l’application santé, notamment pour des raisons de confidentialité. Afin que le corps médical puisse mobiliser cet outil, il faut aussi former des soignants à l’usage de l’interface.

 

Va-t-on vers une santé « connectée » ?

Devant le développement des applications santé, il convient de garder à l’esprit qu’elles ne seront pas toutes remboursées par l’Assurance maladie, loin de là. Aujourd’hui, on peut facilement télécharger des programmes sur mobile pour suivre ses performances sportives, obtenir un diagnostic en cas de problème, compter les calories ou encore prendre ses rendez-vous médicaux.

Ces différentes initiatives, parfois profitables pour le patient, ne relèvent pas de dispositifs médicaux ou, du moins, ne sont pas reconnues comme telles par la HAS. Les développeurs qui ont cette ambition doivent se plier à des exigences très pointues en matière de performances. Par exemple, on a créé un programme permettant de prendre en photo un grain de beauté en cas de suspicion de mélanome : aucune validation de la HAS n’a été possible, car l’éditeur informait les utilisateurs du côté éducatif — et donc pas médicalement sûr — de l’application, qui ne garantissait aucune validité sur le résultat.

En parallèle, pour le cas de Diabeo, il faut noter qu’il a fallu 10 ans pour en arriver à cette étape. En effet, les premiers tests cliniques ont eu lieu en 2007 ! On constate une déconnexion totale entre les délais nécessaires pour valider des dispositifs et la réalité du monde médical : face au vieillissement de la population, les maladies chroniques augmentent et une véritable pression pèse sur le monde de la recherche.

Aujourd’hui, les enjeux sont multiples : développeurs, laboratoires et chercheurs doivent trouver des accords, créer des modèles économiques et mettre en place un contexte permettant de développer la santé mobile.

 

Source : http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/mon-appli-sante-bientot-remboursee-par-la-secu-754425.html

 


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