Des soins bientôt financés sous condition de résultats ?

Publié le 17 octobre 2017 par Patricia

Agnès Buzyn, Ministre de la Santé, a récemment évoqué ses projets pour la recherche médicale dans notre pays : selon elle, il faut autant que possible favoriser les initiatives les plus profitables. Selon l’OCDE, la qualité des soins dans l’Hexagone est déjà excellente. Cependant, à l’heure où les dépenses pèsent plus de 10 % du PIB et devant le vieillissement de la population, il faut se concentrer sur les méthodes les plus pertinentes.

 

 

Trop de soins mal adaptés en France

Même si la science se perfectionne de jour en jour, on constate des inégalités importantes en matière de soins en France. En effet, des méthodes mal coordonnées ou inadaptées peuvent coûter cher à l’État — sans, pour autant, apporter des solutions satisfaisantes aux patients. Pour des pathologies aussi récurrentes que le cancer du sein, on observe que toutes les femmes ne sont, par exemple, pas logées à la même enseigne.

En réalité, sur 58 000 femmes traitées contre le cancer du sein en 2011, certaines ont dû supporter des mastectomies, alors que d’autres ont pu profiter de processus beaucoup moins invasifs. Naturellement, les différences existent pour des raisons compréhensibles : on choisit généralement le traitement le plus adapté aux patients. Toutefois, dans certains cas, les variations résultent surtout de différences de pratiques entre les établissements de santé, ce qui est pénalisant pour certains patients.

Concrètement, dans les centres de lutte contre le cancer (CLCC) et les CHU, les techniques mobilisées sont souvent optimales. Mais ce n’est pas forcément le cas dans les petites cliniques, où le recours aux mastectomies n’est pas toujours justifié.

 

Des mesures concrètes pour améliorer la qualité des soins

Face à ce manque de cohérence devant la prise en charge de certaines maladies graves — et notamment du cancer du sein — dans les établissements de santé, Agnès Buzyn propose de revenir sur le financement des soins à l’acte qui est en place aujourd’hui. Selon elle, il serait beaucoup plus pertinent d’offrir une prise en charge en fonction de la qualité du résultat.

Dans cette optique, une collaboration va être mise en place avec les professionnels de la santé : il s’agira de définir les critères d’une bonne prise en charge, pathologie par pathologie. Bientôt, l’Assurance Maladie va lancer une première initiative dans ce sens pour la prothèse de hanche. Alors même que les professionnels de santé étaient payés séparément jusqu’à aujourd’hui, ils vont devoir se partager un forfait commun, dans l’optique de mieux prendre en charge les éventuelles reprises et complications. Le but de ce projet est clairement d’améliorer la qualité des soins.

En Suède, par exemple, ce système de forfait a déjà été mis en place pour les prothèses de hanche. En quelques années, le taux de reprises a diminué de plus de 25 %, ce qui prouve l’efficacité de l’initiative.

 

Source : http://sante.lefigaro.fr/article/vers-un-financement-des-soins-au-resultat/


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