L’addiction aux réseaux sociaux inquiète de plus en plus les chercheurs

Publié le 23 janvier 2018 par Patricia

Les adolescents d’aujourd’hui semblent moins épanouis et plus exposés à la dépression qu’auparavant. Selon les chercheurs qui s’intéressent à la question, cette problématique résulte de l’usage intensif des ordinateurs, des tablettes et surtout des smartphones. Ancrés dans un monde virtuel, les jeunes oublient de profiter des plaisirs de la vraie vie, ce qui peut entraîner des conséquences lourdes.

 

 

La santé mentale des jeunes au plus bas

Professeur en psychologie à l’université de San Diego, Jean Twenge compare la santé mentale des différentes générations depuis plus de 20 ans. Et depuis quelques années, il observe une décroissance de plusieurs paramètres étroitement liés au bien-être psychologique des jeunes : La fréquence des rencontres entre jeunes ; La proportion de possesseurs du permis de conduire ; La part de jeunes ayant déjà vécu des histoires sentimentales (rendez-vous amoureux, relations sexuelles, etc.). Concrètement, alors que ces données chutent constamment, la quantité d’adolescents dépressifs et sujets aux idées suicidaires augmente. Moins ouverts au monde et plus monotones, les jeunes ont un équilibre plus fragile, notamment à cause de l’addiction aux réseaux sociaux.

 

Pourquoi les réseaux sociaux dépriment-ils les jeunes ?

Au quotidien, les adolescents passent des heures à faire défiler les actualités de leur fil Instagram ou Facebook, regardent les « stories » de leurs amis et s’envoient toutes sortes de messages instantanés avec Snapchat, Messenger ou What’s App. Mais l’exposition de sa propre vie privée sur les réseaux sociaux a des conséquences : selon Ofir Turel, professeur en systèmes d’informations à l’université de Californie, Facebook s’apparente à un système de récompenses pour les jeunes. Obtenir des likes, des réactions et des commentaires génère une satisfaction sur le cerveau qui pourrait être proche de celles déclenchées par des substances addictives comme le tabac. Et ce comportement n’est pas sans risque, puisqu’une autre étude de l’université de Chicago démontre que l’usage trop intensif des smartphones peut réduire les capacités cognitives, et notamment celles qui touchent la mémorisation ou le raisonnement. En parallèle, pour beaucoup d’adolescents, l’addiction aux réseaux sociaux n’est pas le seul problème : ils sont tout simplement accros à leur téléphone ! Au point de ne jamais le quitter, y compris la nuit. Certains sont terriblement angoissés à l’idée même d’égarer leur smartphone contenant toute leur vie privée : on parle de « nomophobia » pour désigner cette peur de vivre sans mobile (« no mobile phobia »).

 

Facebook admet-il son impact sur la santé mentale des jeunes ?

Chez Facebook, on se pose naturellement la question des risques liés à l’usage du réseau social. Une recherche a même été menée autour de la question « Est-ce que passer du temps sur les réseaux sociaux est mauvais pour nous ? ». Selon les conclusions tirées de ce travail, Facebook reste un outil totalement neutre. Le géant du web admet que l’attitude passive des internautes qui font défiler les actualités peut engendrer des effets négatifs. Cependant, cet effet est contrebalancé par d’autres conséquences positives : on peut dialoguer avec ses proches et se remémorer de bons souvenirs sur Facebook, des pratiques profitables pour le bien-être. Malgré tout, Mark Zuckerberg affiche toujours la protection des utilisateurs comme une priorité, c’est la raison pour laquelle d’autres études seront menées pour mieux comprendre l’impact des technologies sur les enfants. Face à cette angoisse liée aux nouvelles technologies, certaines écoles respectant la méthode Steiner Waldorf ouvrent et rencontrent un vrai succès : les parents qui travaillent avec les smartphones et réseaux sociaux, premiers exposés aux risques, apprécient ce concept qui permet d’éviter l’addiction aux réseaux sociaux. Dans ces établissements, on supprime les écrans pour les remplacer par les livres, les crayons… et même les aiguilles de couture ! Un retour aux traditions qui pourrait améliorer la santé mentale de nos jeunes.

 

Sources et références :

https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/0301001502005-laddiction-aux-reseaux-sociaux-nouveau-fleau-de-sante-publique-2139642.php


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