La télémédecine : beaucoup de perspectives, mais des obstacles à franchir !

Publié le 2 janvier 2018 par Laëtitia

Devant le développement des nouvelles technologies, certains éditeurs de logiciels n’hésitent pas à se spécialiser dans l’univers de la médecine. Récemment, l’application Diabeo a été la première à obtenir une certification permettant le remboursement par l’Assurance Maladie. Cette petite avancée laisse penser à un développement rapide de la télémédecine : en réalité, il faudra beaucoup de temps, car l’informatisation pose aussi des problèmes techniques, pratiques et organisationnels.

 

télémédecine

 

 

Pour développer la télémédecine, il faut redéfinir le concept !

Aujourd’hui, lorsque l’on se réfère au Code de la santé publique, on peut lire que la télémédecine est une « forme de pratique médicale à distance utilisant les technologies de l’information et de la communication ». Le concept reste très flou, puisque l’on conserve une vision traditionnelle de la médecine, en introduisant simplement son informatisation.

 

Dans les faits, il faut comprendre que l’usage de la télémédecine pose de nombreux problèmes purement techniques : le besoin d’une bonne connexion pour transférer les données, le recours à des systèmes de sécurité extrêmement fiables pour protéger les données personnelles, ou encore l’aménagement d’espaces dédiés pour héberger toutes ces informations numérisées.

 

Selon les données de l’observatoire du référencement des Éditeurs de logiciels et intégrateurs du marché de la santé, on dénombre plus de 840 logiciels déclarés en France. Rien que pour la prise en charge de l’AVC, il existe 12 logiciels différents. Comment choisir le meilleur et l’utiliser de la bonne façon ? Sur quels critères peut-on se baser afin de définir le cahier des charges d’une application de télémédecine ?

 

 

Formaliser les caractéristiques d’un bon logiciel de télémédecine

 

Dans la médecine, on ne peut pas concevoir des logiciels santé sans connaître et respecter des règles précises. Par exemple, les certifications ISO constituent une solution envisageable pour permettre à des programmes informatiques d’entrer dans le domaine de la médecine.

 

Pour le moment, la Haute Autorité de Santé n’a formalisé aucune certification spécifique pour les programmes informatiques en télémédecine. Elle a cependant rédigé un guide des bonnes pratiques pour le développement des applications de santé pour mobiles.

 

Parmi les critères déterminants, la HAS rappelle que l’ergonomie d’un programme de télémédecine est incontournable. En effet, les erreurs de manipulation ou la perte de temps liées à des difficultés d’utilisation sont des désagréments que l’on ne peut pas admettre, dans un univers aussi sérieux que celui de la santé !

 

On souligne également l’incompatibilité entre les différents logiciels, qui ne simplifie pas le travail des employés. En France, la circulaire de 1989 sur l’informatisation des hôpitaux publics laisse à chaque établissement le choix de son fournisseur informatique : il n’est pas possible de mettre en place un programme unique pour le moment, mais la présence de supports différents complique l’usage de l’outil informatique pour les professionnels du corps médical.

 

Enfin, si l’informatisation se développe dans la médecine, quelle sera la responsabilité des éditeurs en cas de problème ? Une application n’est jamais à l’abri d’une panne ou d’un dysfonctionnement — et quand ce souci est indépendant du médecin, à qui revient la responsabilité ?

 

On sait que le développement des nouvelles technologies offre de nouvelles perspectives aux professionnels de la médecine, notamment pour prendre en charge les patients plus facilement, ou encore pour mettre fin aux déserts médicaux. Pour autant, sur le plan purement pratique, de nombreuses contraintes rendent cette transformation difficilement envisageable à l’heure actuelle.

 

 

Source : http://www.santemagazine.fr/actualite-la-telemedecine-pour-tous-c-est-pour-demain-ou-apres-demain-79370.html

 


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