Les déserts médicaux en France : vers une défaillance localement chronique ?

Publié le 28 novembre 2017 par Patricia

Dans certaines régions de France, obtenir un simple rendez-vous de routine chez un médecin généraliste relève du parcours du combattant : il n’est pas rare de devoir réaliser plus de 10 kilomètres pour une consultation, sans compter que les délais d’attente sont souvent longs. Les inégalités entre milieu urbain et rural creusent un profond fossé. Certaines régions vont-elles vers un manque chronique de médecins ?

 

désert médicaux en France

 

 

Les déserts médicaux, un phénomène surtout rural

Géographe spécialiste de la santé, Emmanuel Vigneron tire la sonnette d’alarme : dans certaines régions de France, plusieurs villes sont désormais des déserts médicaux, ce qui représente des risques pour la population locale.

Ce problème est assez étranger aux grandes villes. En revanche, il est omniprésent — voire même chronique — dans nos campagnes, qui ne sont définitivement pas attractives pour les jeunes médecins, choisissant presque systématiquement de s’installer dans les grandes métropoles.

Au cœur du Limousin, au sud de la Normandie ou dans certains secteurs de la Bourgogne, le constat est toujours identique : le nombre de praticiens pour 10 000 habitants est insuffisant. L’étude reflète des réticences pour le médecin généraliste à venir en campagne, mais aussi des manques de masseurs-kinésithérapeutes, de chirurgiens-dentistes ou encore de spécialistes.

Au total, plus de 10 millions de Français doivent subir les conséquences d’un accès limité aux soins.

 

Où sont passés les médecins ?

Absents des communes rurales, difficiles à trouver même à Paris, moins nombreux dans les hôpitaux publics : vers quelles autres alternatives se tournent nos médecins pour exercer au quotidien ? Pour commencer, il faut savoir que la profession de médecin généraliste est déjà moins prisée qu’avant, ce qui alimente naturellement le phénomène des déserts médicaux.

En 9 ans, le nombre de généralistes a chuté de près de 9 %, alors que les spécialistes sont 7 % de plus : les jeunes étudiants préfèrent prolonger leur cursus et se consacrer entièrement à une discipline, notamment car ce choix leur permet d’obtenir une rémunération plus importante par la suite.

Dans ces conditions, on ne comprend pas forcément pourquoi il est si difficile de trouver un médecin à Paris. En réalité, les praticiens fuient la capitale pour des raisons pratiques, parce qu’ils ont du mal à s’installer à cause du montant des loyers. Pour un spécialiste, il est encore possible de rentabiliser, car le coût de la consultation est supérieur. En revanche, les généralistes parisiens sont nombreux à déplorer la situation. En réalité, leur activité ne leur rapporte pas toujours suffisamment pour assumer les charges et se rémunérer comme un médecin.

 

Les conséquences de la désertification médicale

Si les médecins sont plus difficiles à trouver, moins nombreux et moins disponibles, les patients, de leur côté, ont plus facilement recours aux urgences. Aujourd’hui, ce service ne se contente plus de soigner des cas très préoccupants. Parfois, il s’agit simplement de pallier un manque de disponibilité de la part des médecins généralistes, et de réaliser des prescriptions de routine.

Parce qu’ils sont trop éloignés des cabinets médicaux ou parce qu’ils ne parviennent pas à trouver un rendez-vous assez rapidement, plus de 2 Français sur 3 affirment avoir déjà renoncé aux soins.

 

Source : http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/visuel/2017/10/13/sante-des-territoires-abandonnes_5200653_4355770.html

 


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